VAGUE A L'AME
Publié le 19 Septembre 2010
L'heure du thé était passée depuis longtemps. Assis sur le ponton face à la rivière, je fixais l'onde d'un regard incertain. Un léger courant emportait mollement les feuilles tombées d'un automne
précoce. Le chatoiement des reflets du aux rayons du soleil couchant était passé ; Les violet, rouge, orangé et noir d'un ciel embrasé avait progressivement fini de s'estomper. L'entre chien et
loup commençait à venir. Seul, dans la pénombre, les pieds au ras de l'eau, les yeux fixés sur la surface, maintenant noire, qui baignait les bateaux, je ruminais ma solitude. Ma vie avait été
douce durant ces trente deux ans à ses côtés ; trente deux ans de bonheur, trop tard réalisés, où étaient apparus le premier garçon, puis quelques année après, le second. Lisse et douce comme une
soie, je pensais finir ma vie ainsi, auprès de celle qui avait été, et reste, le seul amour de ma vie, sur le tissus des jours dont aucune déchirure n'avait entamé la trame. Maintenant, je
relisais sans cesse le livre de notre union pour comprendre pourquoi, ou plus exactement comment, nous en étions arrivés à ce jour où tout a basculé, ébouillantant mon âme comme la tasse
renversée d'un café trop brûlant. Longtemps je suis resté à chercher à comprendre, les yeux toujours rivés, dans la pureté d'une nuit sans nuages, sur la surface où naissaient, l'une après
l'autre les image d'étoiles...