LIME ANSE COL ERRE

Publié le 3 Juin 2012

Je relis le dossier "Où va l'école républicaine ?" paru dans Télérama n° 3249 d'avril 2012... Un enseignant y évoque le sabordage d'icelle durant le quinquénat.

 

Il est fort intéressant de revenir sur l'éthymologie du nom sabordage, ou mieux, du verbe saborder. Je vous offre copie de ce que dit le TLF à ce propos.

 

Au figuré, saborder c'est...

 

"1. Mettre fin volontairement à l'activité d'une entreprise. Saborder son entreprise. Empl. pronom. réfl. Les journaux de province (...) du moins ceux qui ne s'étaient pas sabordés en 1940 (...) poursuivaient leur publication avec difficulté (Coston,A.B.C. journ., 1952, p. 59).
P. ext. Ruiner. Si ce pauvre Charlot n'avait pas prématurément péri (...), il aurait sans doute achevé de la saborder [la fabrique]: il était comme son père entreprenant à l'excès (Beauvoir,Mém. j. fille, 1958, p. 197).
2. Fam. ou arg.
Saborder qqn.Détruire quelqu'un psychologiquement, ruiner sa confiance en lui. [Le vieux marin:] Mais quelle idée, aussi, cette Parisienne de malheur (...) d'aller saborder [= gâter de ses amours vicieuses] un mousse comme Marie-Pierre, un morveux! (Richepin,Glu, 1883, p. 18).« Une gosse »... Je la détestais pour ce mot. Il m'humiliait. Il y a deux jours (...) quelqu'un m'avait vue autrement. Il avait essayé de me donner de la force. Elle, elle me sabordait (J. Boissard,L'Esprit de famille, t. 5, Cécile, la Poison, Paris, Le Livre de poche, 1990 [1984], p. 220).
Être (tout) sabordé par qqc.Être (tout) retourné, bouleversé par quelque chose. [Le vieux marin:] Ah! je suis tout sabordé par ces histoires-là (...), moi (Richepin,Glu, 1883, p. 26).
Prononc. et Orth.: [sabɔ ʀde], (il) saborde [-bɔ ʀd]. Att. ds Ac. 1935. Étymol. et Hist. 1. Mar. a) 1831 trans. (Will.); b) 1945 pronom. (Procès Pétain, loc. cit.); 2. a) 1946 saborder son journal (Abellio, Pacifiques, p. 280); b) 1958 « ruiner » (Beauvoir, loc. cit.). Dér. de sabord*; dés. -er. Fréq. abs. littér.: 17."

 

METTRE FIN VOLONTAIREMENT, DETRUIRE, RUINER, que de termes d'une extrême violence dans ces définitions pour comprendre comment une génération entière aura été sacrifié sur l'autel de l'économie. Les entrants en CP de 2007 auront passé leur scolarité élémentaire sous le joug de ces gouvernements sacrificateurs. Ils pourront remercier ces hauts fonctionnaires, ces ministres, ce président, de leur avoir donné moins de chance qu'à ceux qui les avaient précédés...

 

Il ya longtemps déjà que la chose était dans l'air, mais déjà sous des gouvernements de droite. Ne considérer l'éducation nationale que sous le sceau de la rentabilité, libéralisme oblige. Je me souviens de m'être battu pour défendre la qualité contre la quantité, le renforcement de l'implication et de la motivation contre l'injonction. Je rappelle qu'aucun enseignant (ou si peu) n'a décidé cet acte volontaire de destruction de son travail, de ce service aux enfants de notre pays !

 

Je pose une question, l'Ecole doit-elle être évaluée financièrement, et uniquement comme cela ? Certes, enseigner et éduquer coûtent... mais l'objectif de cette dépense n'est-il pas le plus généreux et noble qu'on puisse trouver, celui d'aider tout un chacun à devenir un Homme.

 

Je demande donc ici que soient condamnés tous ceux qui pendant ces cinq ans, ont démantelé, entre autres, le service public d'éducation.

Je demande qu'ils soient condamnés pour mise en danger d'une génération d'enfants.

Je demande qu'ils payent leurs exactions au prix fort.

 

David contre Goliath ?... Je ne sais pas. Il y a surement les moyens de ce faire. Si vous avez des idées, elles seront forcément les bienvenues.

Rédigé par plaisir-de-mots.over-blog.fr

Publié dans #De natura belli

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même si je n'ai pas d'idée pour résoudre le problème, je suis entièrement d'accord avec toi !
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