CONTACT
Publié le 9 Janvier 2013
Nous nous étions fixés rendez-vous par téléphone, dans la froidure de l'hiver : lundi 20h. Lui ayant transmis mes coordonnées téléphoniques, j'eus la chance de l'entendre deux jours avant notre rencontre. Il en avançait l'heure, à notre commune satisfaction.
Le jour dit, la rencontre eût lieu dans l'intimité d'un petit appartement. Il m'invita à prendre place face à lui. Timides, nous échangeâmes quelques mots de convenance, la fraîcheur du temps, la reprise du travail après les fêtes de fin d'année. Yeux bleux, cheveux courts qui masquaient mal une petite cicatrice au front, il était légérement vétu, bras nus. Sa voix était posée, rassurante ; j'étais en confiance.
Rapidement il pris ma main gauche dans la sienne, chaude, douce. De l'autre, il allait et venait sur la naissance de mon bras. Ses paroles continuaient de me bercer, calmes, apaisantes. Les futilités passées, nous abordâmes ce qu'était chacun de nous, la cause de notre rencontre, nos vies... Ses gestes maintenaient l'emprise, ne lachant ma main que pour mieux l'appréhender, autrement, toujours dans cette volupté du contact des peaux. Souvent son regard croisa le mien sans toutefois encore oser le soutenir, nos liens étaient moins visuels que tactiles, au rythme de sa voix posée.
Une demie-heure passa, vite, si vite. Il pris l'initiative de se lever, lâcha ma main. Entré dans la pièce qui jouxtait celle de notre premier contact, il m'invita à le suivre...ce que je fis, encore un peu timide.
Ce qui suivit me remplit d'aise, j'obtins de lui ce que ne n'aurais jamais pu oser espérer : trente séances supplémentaires de kiné pour rééduquer mon poignet !