HALLE TRUISME
Publié le 24 Avril 2022
/image%2F0669753%2F20220424%2Fob_3061f6_ob-181a1f-stylo-leve.jpg)
/image%2F0669753%2F20220424%2Fob_623b3a_drapeau-ukrainienret2.jpg)
Elle trottinait doucement, un peu plus loin devant moi, le dos courbé, le pas rythmé par le petit toc, toc, toc régulier de la canne qui lui servait d'appui. Cheveux blancs, bras grêles, jambes hésitantes, elle s'en retournait au logis, tenant un sac que j'estimai un peu lourd pour elle.
Lui proposer de l'aide, l'alléger de son fardeau, l'espace de quelques minutes, le temps de rentrer chez elle. Petit à petit, je me rapprochais, ne sachant trop comment lui dire que je pouvais lui venir en aide. L'envie était là, claire, devant sa difficulté. Ne pas la laisser comme ça.
Puis le doute. Comment allait-elle réagir ? En ces temps où l'agressivité envers autrui est monnaie courante, n'allait-elle pas être effrayée par ma proposition ? N'allait-elle pas craindre de la violence de ma part ? N'allait-elle pas refuser mon aide. Pire, n'allait-elle pas tenter de fuir, au risque d'un accident ?
Je me suis approché, je l'ai dépassée, je n'ai rien dit, rien fait. Je l'ai laissée continuer son chemin, trottinant doucement, le dos courbé, le pas rythmé par le petit toc, toc, toc régulier de sa canne. Alors... crainte de ma part ? Lâcheté ? Bêtise ? Je suis un imbécile, je m'en veux.