SEPT RÔTS CONS
Publié le 21 Novembre 2019

Perso, j'aurai la grande chance de partir en retraite en bénéficiant du régime actuel des enseignants. J'avoue qu'initialement, je ne savais pas si je ferais grève le 5 décembre prochain. Dans mon confort, j'hésitais.
Et puis... deux choses m'ont fait réagir :
- la première, c'est la réaction d'une jeune collègue qui ne se sent pas concernée, arguant du fait que quand son tour arrivera (s'il arrive) de prétendre à la retraite, les choses auront eu le temps de changer n fois.
- la seconde, c'est que j'ai vu des simulations, présentées par les syndicats, de ce que serait la retraite calculée aujourd'hui, avec le système envisagé...
Je suis tombé de ma chaise, dans un cas comme dans l'autre.
Comment peut-on ne pas prendre conscience, même en début de carrière, de ce qui risque d'advenir ? Comment peut-on, à l'éclairage de ce qui nous est annoncé, dire qu'on verra ça plus tard ? Comment peut-on ignorer, quand on enseigne l'histoire à un moment donné, que nos anciens se sont battus, ne serait-ce qu'en 1936, pour le bien social ? Comment peut-on, quand on s'occupe d'enfants, et que, qui plus est, on en attend un, décider de reporter aux calendes grecques, la préoccupation de l'avenir de ceux -ci ?
J'ajoute à cela que, même si les enseignants ne sont pas les plus démunis, il me semble délirant d'envisager que ceux-ci voient leur retraite réduite de 33% par rapport à ce qu'ils toucheraient aujourd'hui.
Alors, même si je ne serai pas impacté par cette réforme (en marche !) je n'irai pas bosser le 5 décembre prochain, ne serait ce que que pour soutenir mes plus jeunes collègues, et tellement d'autres gens de leur âge, dans leur combat.
Et merde aux imbéciles gouffi(e)s de leur confort actuel qui refusent de voir le sombre avenir qui nous/les attend.