LA FILLE HANTE
Publié le 18 Février 2019

Bien souvent, on trouve cette citation de Victor Hugo qui peut sembler, à tort, très dédaigneuse
"Le calembour est la fiente de l'esprit qui vole"
J'ai voulu en savoir plus et en farfouillant un peu je suis tombé sur celle-ci, qui resitue cette dernière dans son contexte
« Le calembour est la fiente de l'esprit qui vole. Le lazzi tombe n'importe où ; et l'esprit, après la ponte d'une bêtise, s'enfonce dans l'azur. Une tache blanchâtre qui s'aplatit sur le rocher n'empêche pas le condor de planer. Loin de moi l'insulte au calembour ! Je l'honore dans la proportion de ses mérites ; rien de plus. Tout ce qu'il y a de plus auguste, de plus sublime et de plus charmant dans l'humanité, et peut-être hors de l'humanité, a fait des jeux de mots. Jésus-Christ a fait un calembour sur saint Pierre, Moïse sur Isaac, Eschyle sur Polynice, Cléopâtre sur Octave. Et notez que ce calembour de Cléopâtre a précédé la bataille d'Actium, et que, sans lui, personne ne se souviendrait de la ville de Toryne, nom grec qui signifie cuiller à pot. Victor Hugo, Les Misérables, 1862.
Hum hum... ça change tout !
J'ajoute que la fiente, qu'elle soit de poule, ou de mouette et autres oiseaux marins, produit un excellent engrais. Du coup, je considère qu'à l'instar du guano, la fiente de l'esprit ne peut qu'être un superbe substrat pour cultiver ledit esprit. La boucle est bouclée.