B. − P. anal.1. En litt., en pol., dans les sc.Conforme à une doctrine, à un système considérés comme les seuls véritables.a) [Le subst. désigne une manifestation de l'esprit, le domaine où elle s'exerce] Littérature, marxisme orthodoxe. Jamais ouvrage ne fut plus conforme à la doctrine poétique, plus orthodoxe au Parnasse (Chateaubr.,Martyrs, t.1, 1810, p.88).Il a des raisons définitives et populaires pour pulvériser les hérésies de la philosophie non orthodoxe (Estaunié,Empreinte, 1896, p.36):5. Cette science orthodoxe a pour principe qu'il y a une vérité une, indépendante de l'individu, susceptible d'être communiquée à n'importe qui et toujours identiquement. Bourget,Actes suivent, 1926, p.6.
b) [Le subst. désigne une pers.] Penseur, théoricien orthodoxe. Quelques savants, d'ailleurs peu orthodoxes, ont prétendu que l'Océan avait été le berceau commun de tout ce qui existe (Brillat-Sav.,Physiol. goût, 1825, p.89).Il se sépare des communistes orthodoxes: il croit qu'il peut y avoir un usage valable de la psychanalyse dans la société bourgeoise (Beauvoir,Mandarins, 1954, p.47).− Empl. subst. Certaines phrases de M. Renan sont devenues célèbres, à cause du scandale qu'elles ont causé parmi les orthodoxes de tous les partis (Bourget,Essais psychol., 1883, p.44).
2. [Dans des tournures négatives, par antiphrase] Qui est en harmonie, s'accorde avec les opinions, les traditions généralement admises dans une société. Synon. conformiste.Comportement peu orthodoxe; ce n'est pas très orthodoxe (synon. ce n'est pas très catholique). Mon jeune ami, si vous ne prenez des sentiments plus orthodoxes, je serai obligé de rompre tout commerce avec vous. Vous parlez avec une haute imprudence des ministres les plus vertueux (Mérimée,Lettres F. Michel, 1852, p.57).Nous dansions une scottish des moins orthodoxes. Nous inventions des pas (Romains,Hommes bonne vol., 1939, p.140).
REM. Orthodoxement, adv.D'une manière orthodoxe, conformément aux usages. Ce fils bien-aimé arriva un beau jour en Touraine, et vécut assez orthodoxement auprès de celle qui l'avait nourri (Balzac,OEuvres div., t.2, 1830, p.228).
Prononc. et Orth.: [ɔ ʀtɔdɔks]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 1431 adj. théol. «conforme à la saine, vraie doctrine (par opposition à hérétique)» (Sentence ds Isambert, Rec. des anc. lois fr., t.8, p.766); b) av. 1565 subst. orthodos «celui qui croit conformément à la vraie doctrine» (Est. Medicis, Chron., I, 554 ds Gdf. Compl.); 2. 1713 mine peu orthodoxe (Hamilton, Gram., 8 ds Littré); 3. av. 1741 «conforme à une doctrine considérée comme seule vraie» (J. B. Rousseau cité ds Fér.); 4. 1853 peuple orthodoxe (Mérimée, Faux Démétrius, p.46); 1854 église orthodoxe d'Orient (About, Grèce, p.266). Empr. au lat. eccl. orthodoxus «qui a la vraie foi», du gr. ο ρ θ ο ́ δ ο ξ ο ς (de ο ̓ ρ θ ο ́ ς «droit, juste, sensé» et δ ο ́ ξ α «opinion, avis, croyance»); au sens 4 cf. angl. Orthodox (1679 ds NED). Fréq. abs. littér.: 306. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 194, b) 452; xxes.: a) 607, b) 527."
J'insiste sur l’étymologie en insistant surla doxa, qui est l'ensemble des opinions communes aux membres d'une société et qui sont relatives à un comportement social. Et là c'est le drame. Ma voisine me dit avoir saisi l'essence de la chose et veut m'en convaincre en exemplifiant à son tour : "Donc pour un ensemble de bouchers-charcutiers qui pensent à l'identique la façon de présenter la bavette d'aloyau, on peut parler de viandoxe... Quel triste monde !
Spéciale dédicace à celle qui se reconnaitra, avec la bise du grand chef