FAUTE DE MIEUX...
Publié le 19 Mai 2018

Le un n° 202, paru mercredi 16 mai affichait à sa une : DICTEE, LE RETOUR D'UN DIKTAT ?
En page 4, j'ai découvert un poème que je connaissais pas, de Jacques Prévert, publié dans Histoires et autres histoires, aux éditions Gallimard en 1946.
Mea culpa
C'est ma faute
C'est ma faute
Cest ma très grande faute d'orthographe
Voilà comment j'écris
Giraffe.
Est-il plus beau texte pour montrer à quel point, dans notre service d'Education Nationale, bien qu'en 1905 l'Etat se soit séparé de l'Eglise, l'erreur a de longue date été considérée, et l'est encore, comme une faute, un péché biblique. La faute en est donc vouée aux gémonies, passible de l'enfer. L'école a beau se vouloir laïque, elle peine à se départir du poids de la sacralité religieuse. Quand on entend Manupiter faire des courbettes à l'Eglise catholique aux Bernardins, on peut légitimement craindre la régression. Le tout assaisonné des conseils en partie rétrogrades du sinistre de l'Education Nationale... Nous sommes mal barrés, et la laÎcité va finir ad patres. Les hussards noirs de la République vont se retournent déjà dans leur tombe.