SUB JONQUE TIFS
Publié le 17 Juin 2017

Je vais vous faire mon petit quart d'heure vieux schnock.
"On pense que ça puisse se faire... "
"Je déplore qu'on a pas eu... "
... et tant d'autres phrases du même type, prononcées ici, là, à la radio, la télé, au boulot... qui m'écorchent les oreilles sur un emploi, à mon sens, plus qu'approximatif du subjonctif, ou non.
A chaque fois, ça me fait le même effet, celui de la craie mal tenue par l'élève qui, en écrivant sur le tableau, la fait grincer au point que j'ai les dents qui me rentrent dans les gencives.
Ou je vieillis mal, ou l'emploi hypothético-aléatoire de la conjugaison envahit notre langage et j'avoue que je n'ai pas la sensation d'être en difficulté avec les années qui s'accumulent.
Certes, la langue française est complexe mais dans les deux occurrences qui précèdent, le simple fait d'entendre la phrase me parasite l'esprit.
Le subjonctif sert à exprimer le désir, la volonté, l'exigence ou un sentiment dans une subordonnée.
Ici pour "On pense que ça puisse se faire", est-ce le cas ? Désir, volonté, exigence ? Non. Peut-être le sentiment d'une possibilité. Alors pourquoi pas, mais il me semble que la proposition aurait plus de poids et de force de conviction sous la forme "On pense que ça peut se faire"
Pour le second exemple cité, "Je déplore qu'on a pas eu... " j'avoue que "Je déplore qu'on ait pas eu... " m'aurait bien plus satisfait car on se rapproche du souhait (regretter de ne pas avoir est synonyme de souhaiter avoir eu)
Alors compulsion désuète de ma part ou évolution malmenée contemporaine de notre langue ?
Le débat est ouvert et j'attends vos réactions, afin que je puisse, euh non, que je peux, ah ben non, que j'ai, mmhhh, toujours pas, afin que j'aie... j'hésite.
Ah, oui, j'ai trouvé... pour me faire une idée, merci !