CES ARTS !!!

Publié le 1 Mars 2014

Je le confesse, je suis incorrigible. Après avoir regardé les Césars 2012 avec Antoine De Caunes comme histrion, puis les Césars 2013 avec Antoine De Caunes comme histrion à nouveau, en râlant comme un beau diable après la triste mise en scène, les sketches d'une platitude crasse et les vannes téléphonées, j'ai remis le couvert hier soir.

Incorrigible vous dis-je. Mais voilà, Cécile de France était la maitresse de cérémonie, du coup je me suis dis "Tiens, une femme au lieu d'un homme", "Tiens une blonde au lieu d'un brun", ça devrait le faire. Et patatras ! Calamiteux, pire que pire...

Le terme de platitude ne convenait même plus. Si certaines lessives lavent plus blanc que blanc, l'autocélébration d'hier était plus plate que plate. Un Waterloo télévisuel sur la forme, un no man's land sur le fond. Que dalle, rien, outre les choix que je respecte car maman m'a dit qu'il fallait toujours respecter le choix des autres pour mériter son paradis, à part l'épisode Stéphane De Groodt, rien n'a jailli de cette soirée. Pas de saillie drolatique, pas d'émotion, pas de sourire et encore moins de rire.

L'imagination, la vraie, pas celle du consumérisme télévisuelo-débile, avait été reléguée au placard. Du coup, la pauvre Cécile, dont la tenue et l'allure faisait indéniablement penser à Sarah Jessica Parker, icône citysexuelle de la petite lucarne, la pauvre Cécile a passé sa soirée à débiter des âneries que moins quatre rires polis, je les ai comptés, sont venus saluer au long de cette interminable remise des prix onaniste.

Skectches d'une bêtise accablante, discours hyper convenus, blagues à 0,00002 balles, crise oblige, on a frisé l'électroencéphalogramme plat artistique. "Que diable était-elle allée faire dans cette galère ?"

L'an passé, excédé par les pitreries d'un Antoine de Caunes, que j'apprécie au demeurant, je m'étais dit que l'homme avait tiré toutes ses cartouches, qu'il avait besoin de repos, que le burn out guettait. Mais non, la grande Cécile nous a donné la preuve par A, comme Affligeant , plus B comme Bêtise, que le flop ne tient pas à l'homme ou la femme qui animent la soirée, mais bien à celui/celle, qui a eu l'idée de cette bien piètre mise en scène.

Quand la dessus, je regarde les récompensés, je tombe à la renverse. Niels Arestrup comme meilleur second rôle ?! Excellent acteur bien sur mais meilleur second rôle... ça fait 4 fois que l'académie des Césars lui remet ce prix. Poulidor du cinoche, jamais premier. Les membres du jury sont touchés par Alzheimer. Il doit en avoir ras la casquette, Niels. L'académie voudrait s'autodétruire qu'elle n'agirait pas autrement.

Et Guillaume Gallienne... cinq récompenses ?!?!?! Je n'ai rien, vraiment rien contre l'un ou l'autre, bien au contraire. Je ne peux pas ici postuler sur la récompense du premier dont je n'ai pas vu le film.

J'ai en revanche vu avec un délice non dissimulé le film du second, mais tout de même... attribuer le prix du meilleur film à "Les garçons et Guillaume, à table". J'en reste pantois. Lui aussi d'ailleurs. Ce bon Guillaume Gallienne, excellent acteur, drôle et touchant dans ce film, semblait également ébahi de voir autant de récompenses tomber dans son escarcelle ; il en parut même gêné au moment de la remise de ses deux derniers Césars. Il n'allait pas bouder son plaisir, certes, mais il m'a semblé assez clair qu'il n'était pas dupe.

Comme on vote, pas pour X, mais contre Y, Guillaume a raflé la mise grâce au tribu que les professionnels de la profession comme on dit, on fait payer à d'autre. Je n'ai pas vu "La vie d'Adèle" et peu me chaut. La calamiteuse médiatisation de la querelle réalisateur/actrices de ce film et, comme il n'y a pas de fumée sans feu, l'attitude du réalisateur, n'ont certainement pas été sans effet sur ce qui est advenu hier. Mais tout de même, un peu de bon sens Mesdames et Messieurs les électeurs du sérail. Que jugez-vous ? Un film ou celui/celle qui réalise ?

J'en arrive à me demander si cette institution née en 1976 n'est pas en train de vivre ses dernières heures. Cannes a du panache, César expire. A qui la faute de cette agonie ? La retransmission télévisuelle affecte-t-elle de façon irrémédiable celles et ceux qui choisissent ? Une chose est sure, c'est que la télévision des débuts, celle de l'après-guerre, a perdu la vocation qu'elle s'était donnée d'élever les esprits, d'acculturer les masses.

Alors ? Pour 2015, puisque les médias s'en mêlent en ne relayant que les principales récompenses, cinq ou six, pas plus, pour lutter contre la crise économique, car ça doit coûter un bras un zinzin comme celui d'hier, pour cesser d'abêtir les foules par un flot de mièvreries plus sottes les unes que les autres, pour gagner un temps précieux et ainsi le mettre au service de la culture, la vraie, celle qui élève les esprits, je propose de réduire la cérémonie des Césars au temps des résultats du loto, sans tambour, trompette, ni pince fesse qui suit. Cela permettra de passer un film, afin que les masses se fassent elles même une opinion.

Je suis incorrigible...

Rédigé par plaisir-de-mots.over-blog.fr

Publié dans #De natura belli

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N
et la preuve par C.... ?
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L
Revends ta télé et avec l'argent va au cinéma plus souvent.
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