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  • : Le blog de plaisir-de-mots.over-blog.fr
  • : Mon objectif est d'explorer l'inconnu d'une vie nouvelle, grâce, entre autres, à l'écriture. Le ton restera le même; souvent impertinent, parfois cynique mais toujours en tentant de garder ce qui nous permet encore de vivre dans ce drôle de monde, l'humour, dans tous ses états.
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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 14:11

Penser le renouveau, tel était le challenge que venait de s'imposer Dieu. L'époque des prototypes était passée. Elle avait donné un résultat assez douteux. Moins sur le plan formel que fondamental. Adam, le premier jet, lui semblait presque parfait. Cependant, la déité ne supportait pas le "presque", le "pas tout à fait". Dieu s'était remis à l'ouvrage. Il avait emprunté un fragment à Adam, clonage avant l'heure. Mais il avait tenté d'améliorer les choses. A vouloir fignoler, il était devenu excessif. Et je gonfle à outrance les pectoraux, et je supprime l'entre-jambe, et je boucle la longue chevelure blonde... Bref, le mieux étant l'ennemi du bien, il avait créé Eve. Celle-ci avait eu tôt fait de dysfonctionner. Elle céda au démon, cellant ainsi le sort de l'Homme que Dieu reléga de suite au rang des erreurs de jeunesse. La période créationniste fit donc long feu.
Vint ensuite l'évolutionnisme. Dieu se dit qu'il faudrait d'ailleurs, par pure modestie, lui trouver un inventeur. Darwin... le nom lui plaisait. Une fois l'évolutionisme en route, Dieu déposerait le brevet au nom de Darwin. Ainsi, un  peu refroidi par la complexité, Dieu décida de faire simple. Il choisit donc de réduire le potentiel intellectuel des créatures. Il restait toutefois en lui un soupçon de mégalomanie. Comment pouvait-il en être autrement quand on est seul au monde ? Il fallait toujours faire grandiose. Pour plaire à qui d'ailleurs ? Lui seul le savait !
Comme le matériaux était livré de façon standard, la quantité devait compenser la qualité. Petit cerveau, grande carcasse ! Dieu mit donc assez peu de temps à façonner le dinosaure. Unité centrale minuscule mais surtout rudimentaire pour une mécanique titanesque. Le compte y était. Le rapport qualité sur quantité respectait la norme. Dieu mit, malgré son omniscience, le même laps de temps à réaliser la fragilité du dinosaure. Celui-ci resistait mal aux pluies de météorites. La seconde expérience capotait à son tour...
Alors, penser le renouveau, certes, mais quelle voie suivre ? Le premier essai avait donné un homme trop sensible, prêt à répondre à n'importe quelle sollicitation. Le second n'était pas mieux, bête et vulnérable. Dieu fût pris d'un vrai coup de blues, bien que ce dernier n'ait pas encore été créé. Les anges et les archanges le regardaient arpenter son atelier, en panne d'idée. Dieu errait comme une âme en peine. Par chance, Dieu bricolait toujours à ses moment perdus ; c'est ainsi qu'il avait pu créer l'âme, concept dont il ne savait que faire au départ. Cela lui était bien utile maintenant pour qualifier la tristesse de son errance, précisément !
Dieu revint à ses moutons, eux aussi, générés dans un moment libre. Ils permettaient indifféremment de lutter contre les insomnies, de se vétir chaudement et de célébrer l'aïd mais aussi de revenir à la question primordiale.
Dieu était sensible au fait de découvrir quotidiennement du nouveau. Il avait tout de même le monde à créer. Création, nouveau, renouveau... Ce n'était pas une mince affaire. Le grand horloger, comme l'appelaient aussi les anges, eu égard à ses origines suisses, se fit couler un café et remis sur le métier l'ouvrage. Grande intelligence dans petit contenant, grand volume avec un cerveau reptilien, sans plus... quadrature du cercle. Dieu se dit que la question n'était pas celle du rapport entre fond et forme. Il fallait être attentif aux autres paramètres, peser chaque variable avec soin. Il remit tout à plat, essaya tout allant jusqu'à produire des chimères. Les êtres unicellulaires firent place au créatures multicéphales ; les humanoïdes aux hommes bioniques ; les acariens aux techniciennes de surface ; les présidents charismatiques aux nano-souverains emphétaminés. Après quelques milliers d'années de travail imparfait, Dieu se sentit fatigué. Fatigué de courrir après l'impossible comme le smicard court après l'hypothétique prime de fin d'année sur la fiche de paye du douzième mois, seulement du douzième mois.
De guerre las, Dieu fit une dernière tentative. Epuisé, il n'y mit pas tout son coeur et pourtant, cela fonctionna. Cet être si petit, dénué de cerveau mais si puissant allait être le nouveau départ... le renouveau. Dans le secret espoir de changer le monde, d'apporter ce renouveau dont il avait besoin depuis si longtemps, Dieu diffusa sa découverte aux quatres coins de la planète. Les hommes ne tardèrent pas à identifier ce puissant élément qui maintenant agissait sur eux. Ils le nommèrent SIDA !

 

sida.jpg

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 14:08

Neige...

Situation historique pour Météo France

Hystérique pour le gouvernement et les usagers.

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 14:05

Quand elle m'a dit qu'elle était inondée... je l'ai crue !

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 14:04

Tu es dyslexique.

Tu confonds les m et les b.

Un conseil :

Evite de faire la promotion du film "Des hommes et des Dieux"

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 09:07

Respirez bien cet air, au parfum de fougère,
Vous êtes toute en nerfs, ma chère Bérangère !
Afin que l'épicière, qui toujours exagère
Ne vous mette en colère, vous devienne étrangère.

Elle se montre si fière, se jouant des congères,
Princesse des gruyères, reine de l'étagère
Mais elle est bien grossière, elle est trop grimacière
Sachez y voir plus clair, ma chère Bérangère

Elle se dit potière, ou encor' fromagère ?
Il n'y à rien à taire, laissez dire la mégère
Qu'en avez vous à faire ? Elle est si mensongère

Pour que la crémaillière, faite aux Folies Bergères
Ne nous soit pas amère, mais bien plutôt légère
Respirez bien cet air, au parfum de fougère.

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 23:16

Si au temps de Pascal, il est prouvé que les mathématiciens portèrent un intérêt certain à sa machine, rien ne dit si leurs femmes furent plutôt attirée par son machin.

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 20:02

Annonce du gouvernement :

Attention à la neige car il devrait neiger alors attention à la neige !

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 19:44

"Nous avons fini par atterrir à Palm Beach.... " Ainsi fini le roman que j'achève de lire. Nous filons à dix milles pieds au dessus de l'Atlantique vers notre cadeau de mariage. Cela fait trois semaines que je me prépare à subir ce vol, trois semaines où je ressasse la montée du jet, les trous d'air, la durée, la descente avec ses paliers plus ou moins bien négociés par le pilote. A  franchement parler, l'idée même de quitter le plancher des vaches me tétanise. Enfin, par amour, je fais ce qui me coûte. L'arrivée de Marie qui nous emmène à la gare, l'attente après l'enregistrement des bagages, l'accélération impressionante sur la piste d'envol, l'inclinaison pour atteindre la bonne hauteur, les virages qui basculent mon horizon, tout me renvoit à cette peur maladive de l'avion.

Je prends sur moi pour essayer de faire bonne figure, je lis sans lire, sans voir les mots, reprenant pour la nième fois ce passage qui ne fait toujours pas sens. "Nous avons fini par atterrir à Palm Beach... ", les seuls mots qui marquent mon esprit. Peut-être parce que ma lecture mécanique s'achève redonnant ainsi prise au malaise qui me poursuit. Si la sémantique s'évanouit dans les limbes, au moins la gymnastique des yeux occupe l'esprit, atténuant le stress.

Seulement voilà, le livre, quantité finie, décide de me lâcher. S'occuper l'esprit, même si à cette heure, le vol stabilisé se passe, pour un être normal, sans accout. J'essaie de me raisonner, statistiquement, on compte nettement moins d'accidents d'avions que de voiture, hors, je prends quotidiennement celle-ci pour aller travailler, je pars en vacances avec, sans la moindre crainte, sans la moindre appréhension. Indubitablement, quelque chose ne tourne pas rond chez moi pour que j'éprouve une telle peur irrationnelle.

"Nous avons fini par atterrir à Palm Beach... ", trouver autre chose, une compensation, un anesthésiant, un soporifique afin de mettre mes neurones agités en stand by. L'hôtesse passe, propose un apéritif. Petite diversion humaine que j'apprécie d'autant plus qu'immédiatement, elle répond à mes désirs en dévissant une petite fiole de J&B qu'elle verse sur deux glaçons. Si la raison ne l'emporte pas, le whisky doit aider à me décrisper. Je déguste, mais cette fois, au sens propre. Le breuvage chaud d'alcool glacé me réjouit les papilles, me coule doucement dans la gorge.

J'ignore qu'en altitude, l'alcool passe plus vite dans le sang, activé par la surpression de la cabine. A la deuxième gorgée, je sens déjà les effets. Etonnant. Relaxant. L'alcoolisation, la fatigue, due à une nuit quasi blanche, l'énergie dépensée pour contenir mes angoisses et faire bonne figure, tout cela me conduit à l'assoupissement. Ne pas tomber dans le sommeil, on ne sait jamais... le bruit s'estompe autour de moi. Les converstations, le bruit des réacteurs, le cliquetis des charriots poussés par les stewarts, tout s'enveloppe dans un coton sonore, présent, mais doux, apaisant.

"Nous avons fini par atterir à Palm Beach... " je sors de l'avion, heureux de pouvoir enfin mettre un pied sur cette bonne vieille terre. Le taxi nous conduit à notre hôtel, le "Black et Decker", construction pour le moins originale puisqu'effectivement les deux ailes noires se rejoignent à angle droit. Vraissemblablement l'oeuvre d'un architecte un peu visionnaire. Pourquoi cet hôtel ? Parce qu'il jouxte la plus belle plage de la côte, parce que le cadeau nous permet de nous offrir ce luxe, parce que nous savons qu'ici, les fruits et légumes cuisinés par le chef laissent des souvenirs impérissables tant les mélanges de saveurs sont subtils. Arrivé à notre chambre, je m'allonge sur le lit, moelleux à souhait. Le soleil baigne la pièce. Quelques livres disposés sur un petit rayonnage au dessus du lit attirent mon attention.  A l'exception d'un seul, Paul et Virginie, tous sont des polars. Curieux.

A ce moment le roman de Bernardin de St Pierre quitte sa place et vient me heurter  le visage. "Mesdames et messieurs, nous traversons actuellement une zone de fortes turbulences, veuillez attacher vos ceintures" . Je franchis en un éclair le parcours intersidéral qui sépare le rêve de la réalité pour retrouver mes angoisses. Les ailes de l'avion, que je vois depuis le hublot, vibrent intensément. La peur monte en moi jusqu'à l'insupportable. Mes mains ruissellent d'une transpiration glacée. Je me transforme en statue de marbre, je ne peux plus bouger. Peur de périr brûlé, peur que la mer puisse nous engloutir, peur de ne plus voir les enfants, peur que quitter à jamais celle que j'aime. Trop de peur, je m'évanouis.

 

airbus-crash.jpg

 

"ça va chéri ?... à cause de l'orage l'avion a été détourné des Antilles, nous devons prendre le vol qui part dans une heure car nous avons fini par atterrir à Palm Beach... "

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 19:14

Sinistre des sports ou ancienne garde des sots, je n'ose plus demander d'inflation tellement elles ont les dents longues.

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 13:37

En cuisine, le cinq épices, j'vois bien...

mais en religion, le cinq esprits ???

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 12:50

Tu es dyslexique.

Tu confonds les s et les t.

Un conseil :

Evite de terminer les lettres par "Bise"

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 12:40

Dans le monde du journalisme, toutes les femmes sont égales, surtout certaines !

La reine Christine est arrivée à RFI grâce aux accointances girouettesques de son Nanar.

La belle Audrey dégage parce que son compagnon se déclare candidat pour les prochaines.

Cherchez l'erreur...

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 11:58

Merci Mère Noëlle pour ces Bredeles...

 

bredele.jpg

 

Je suis OK pour consommer,

et plus encore...

open pour les modèles !

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 10:07

Trouvée dans Le sottisier de l'école... je ne résiste pas à vous proposer la chose tant elle me fait penser à la tête de notre état.

"Le rat débile et le rat méchant"

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 09:36

Merci à vous, fans de tous pays. Grâce à votre surf effreiné du blog, la fréquentation a fait hier un bond non négligeable : +20%... de 5, vous êtes passés à 6 surfeurs simultanés ! Merci à vous fans de tous pays.

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 09:31

Erreur fatale en Corse... on leur avait simplement demandé de plastifier les bungalows !

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 09:27

Les salariés montrent l'exemple, aux grands patrons bouffis de fric de faire de même.

J'ai plein d'idées pour la redistribution, contactez moi...

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 09:22
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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 22:54

Vous voulez plus de newelles ? Alors envoyez moi dix mots, pas plus, pas moins... et je me mettrai au travail.

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 09:43

Albert Noël posa le stylo à bille sur le bureau. Il avait enfin biffé la dernière adresse de distribution des cadeaux. Il réalisait combien la crise rongeait la société. Communément, il lui fallait onze bons mois pour lister, enregistrer, vérifier et préparer les milliards de présents à répartir en vingt quatre heures chrono du Nord au Sud et d'Est en Ouest. Cette fois, moins de six mois avaient largement suffi. Certes, il avait gagné en repos, en temps de farniente comme en sérénité sur le temps de travail. D'habitude, il fallait tout faire à la hâte, les rennes à vacciner, le traineau à entretenir, tous ces cadeaux à emballer, un à un ! Pour autant, la vacuité nouvelle ne l'arrangeait pas tant que ça... Moins pour lui même que pour ses associés.
Il avait senti que le changement les avait touché aussi. Les rennes avaient du temps libre. Un an auparavant, chacun s'efforçait de donner le meilleur de lui même en s'entrainant quotidiennement de façon forcenée, rentrant éreinté à la tombée du jour, n'ayant qu'une envie, celle de manger un morceau et de retrouver l'étable, sans autre forme de procès.  Cette année, les rennes s'étaient mis à discuter entre eux car ils avaient bien perçu, eux aussi, les conséquences de la crise. Moins de commandes, donc moins de colis à transporter ; moins de colis, donc moins de poids du traineau ; traineau plus léger, donc moins d'effort à fournir et, par voix de conséquence, moins d'entraînement à faire... avec, conclusion évidente, du temps disponible.
Pour la première fois de leur vie, les rennes se rencontraient réellement, autrement qu'en binôme attelé et haletant. Une fois plus ample connaissance faite, la discussion fit progressivement place à la grogne, puis la grogne aux revendications et finalement aux doléances. Il n'avait pas fallu beaucoup de temps pour que les cervidés réalisent l'état d'asservissement dans lequel les avait mis Albert Noël. L'ire montant rapidement, ils décidèrent de se syndiquer sur le champ. Fleur de cactus, la benjamine, enclencha le mouvement, poussant les plus vieux à ne pas se dégonfler. Certains d'entre eux craignaient un peu de se faire remonter les rênes par Albert qui était un vieux briscard à qui il ne fallait pas en remontrer.
Une fois que le dernier renne eût paraphé l'adhésion, ils se réunirent en assemblée générale extraordinaire, afin de convenir des nouvelles dispositions de travail et des conditions animales auxquelles l'associé majoritaire, mais aussi patron devraient maintenant se plier. Tout fut passé en revue, de la pénibilité à l'âge de la retraite, de l'amélioration des menus de la cantine au harcèlement zoophile. Il y eut même une demande complètement insensée : l'installation d'un urinoir dans l'étable, au simple prétexte que le patron en possédait un dans son bureau. A l'instar des hommes, les rennes qui se syndiquent ne trouvent pas toujours la cohérence de fond nécessaire à faire plier celui contre qui ils luttent. Ce qui devait arriver arriva.
Lorsque les rennes entrèrent dans l'arène pour fourbir leurs armes avec Albert Noël, la cohésion était fragile, trop fragile. Albert laissa parler chacun, puis comme l'avait affectueusement surnommé les rennes de la première heure, les vieux, les fidèles, les dociles, "le père" prit calmement la parole. Oui la crise était là, le mal être aussi, avec son cortège de plaintes et de récriminations, mais il fallait faire avec. Pas d'autre solution. Il suffisait de réfléchir un peu. La situation était tendue et ce n'était pas le moment de perdre une réputation millénaire. Que feraient les rennes si les hommes se mettaient à ne plus croire au Père Noël ? Les rennes se sentirent déstabilisés mais l'estocade les cloua : en cas de manifestation, suppression de la prime de croquettes !
Albert avait eu du mal à encaisser l'idée de la crise et des dégâts collatéraux, il ne se sentait pas prêt à ré encaisser un mauvais  coup de plus. Toujours d'une voix calme mais d'une fermeté sans appel, il renvoya chacun à sa stèle, intimant l'ordre de se tenir prêt pour le départ, maintenant imminent. Chaque animal partit en traînant les sabots et en ruminant.
Malgré son calme apparent, Albert Noël bouillait intérieurement. Lui faire ça, à lui, à ce moment là ! Quel culot ! Pris dans sa contrariété, il alla se préparer, enfila sa houppelande, peigna avec soin le postiche blanc qui lui masquerait bientôt le bas du visage, passa ses bottes à la graisse de phoque ; touche finale, il se mit un peu d'eau de toilette sur les joues, pour masquer l'odeur d'attelage des trois cents rennes nécessaires à la traction du traineau.
De leur côté, les rennes étaient très mécontents d'avoir été ainsi éconduits, ils fulminaient. Bref, le départ s'annonçait nettement moins gai que les années passées. Albert Noël sortit, préoccupé. Il attela un à un les rennes en s'efforçant de faire la check-list habituelle. Tout était bon... et pourtant ! Les rennes semblaient boudeurs mais prêts, les skis du traineau fartés à souhait, les cadeaux dans les hottes, triés par fuseau horaire. Albert Noël s'assis, lança l'ordre de départ. Le convoi s'ébranla doucement, montant vers le firmament, de plus en plus vite pour atteindre dans la stratosphère sa vitesse de croisière.
Albert Noël conduisait l'attelage comme à l'accoutumée. Cependant, son esprit n'était pas serein. Rien à voir avec les desideratas de ces stupides animaux se dit-il. Soudain, une étincelle lui traversa l'esprit : la météo ! Il avait oublié de consulter la météo avant le départ. Lui qui avait relégué son GPS, parce que trop fantaisiste et souvent aberrant, se dirigeait depuis, comme aux temps jadis le faisaient les marins, grâce aux étoiles. Mais voilà, il fallait préalablement s'assurer d'une météo propice sinon, cela pouvait s'avérer catastrophique. Pris par la contestation des rennes, il avait omis de vérifier ce point crucial et ne sachant pas qu'une éclipse de lune transformerait la voûte céleste ce soir là, il dévia de sa route. Les rennes savaient, eux ! Mais aucun n'avait pipé au moment fatidique, trop contents de pouvoir rendre la monnaie de la pièce à celui qui les avait tancé. Aux dernières nouvelles, le traîneau erre  encore aux confins de Bételgeuse en un road movie bien triste. Alors, petits enfants, dites vous que si vous n'avez pas de cadeau cette
année, c'est à cause de la crise, cela vous permettra d'attendre ce Père Noël auquel vous croyez encore.

 

betelgeuse.jpg

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 14:35

Fritz réajusta sa gabardine. Il s'y sentait un tantinet boudiné. Il n'avait pourtant mangé que du foie gras... certes, huit cents grammes, mais tout de même ! Pour l'en cas de 14h, après le hochepot de midi, ça ne lui semblait pas excessif pour patienter jusquau goûter. Le stress du moment l'incitait à picorer plus que de coutume. Du coup répondant volontiers aux diverses sollicitations épicuriennes, il avait notablement augmenté sa surcharge pondérale répondant scrupuleusement à chaque invitation. Ce faisant, il était rapidement passé du statut de morse à celui de baleine. Le plus gras des sumos faisait figure de Sylphide à côté de lui.
Ainsi, il s'était trouvé particulièrement ankylosé au moment de quitter la table pour rejoindre le vestiaire où l'attendait la pélerine couleur cétacé qui maintenant le suppliciait. Il mit un peu de temps à réaluster son trilby, gêné par les manches du manteau qui l'empêchaient de lever correctement les bras. La sueur perlait entre les sillons adipeux de son front. Il avait bien conscience que ses abus étaient néfastes à la carrière de privé. Comment, en effet, débusquer l'adultère quand, au moment d'une filature effreinée, une respiration quasi ashmatique vous cloue sur place tel la chouette à la porte de grange. Fritz s'en voulait. Cependant, s'il était pugnace lorsqu'il s'agissait de son métier, il était incapable de volonté dès que Curnonsky lui titillait papilles et neurones.
Quinze heures sonnérent au clocher. Il devait rendre son rapport le lendemain. Il ne lui restait donc que peu de temps pour découvrir le pot aux roses dans cette affaire qui, il le préssentait, risquait ou de lui rapporter très gros, ou de le conduire à sa perte. Autant les dossiers précédents ne l'avaient pas perturbé le moins du monde, autant celui-ci le troublait. Cette enquêter sur les pratiques d'un grand chef l'avait conduit aux meilleures tables du coin. Habitué à écouter derrière les portes, il devait aujourd'hui écouter derrière les assiettes, scruter l'agencement des meilleurs mets, épier les moindres faits et gestes des serveurs, lire dans les yeux du sommelier et déceler, à travers des dégustations pantagrueliques, le savoir-faire du chef... LE chef, dont la recette du velouté de porc était tenu secrète ! Rude épreuve, qui fusionnait à la folie son métier et son addiction. Sur le chemin de son bureau, il se résolut à ne pas s'asseoir au salon de thé et se contenta d'emporter quelques douceurs pour le goûter. Deux éclairs, un chou et un mille-feuille conviendraient parfaitement pour faire passer le reste de Paris-Brest de la veille et la démotivation profonde de se remettre au travail.
Une fois débarassé à grand peine de sa pélerine, il s'assit devant l'ordinateur. L'air était saturé, les gouttes lui coulaient de plus belle au dessus des sourcils. L'écran s'éclaira, nimbant son visage congétionné d'un halo bleuté, lui conférant une couleur étrange, entre la pourpre cardinalis et la lividité mortuaire. Il était violacé.
Dix sept heures, déjà ! Fritz savait que le challenge serait tendu mais possible. Il avait pris la précaution de tout sauvegarder sur la clé USB et d'effacer le disque dur de l'ordinateur afin déviter toute fuite. Tout. Tout tenait sur cette clé minuscule, les rapports, les images, les quelques vidéo, les propos enregistré à la sauvette dans la salle du restaurant. Il ne lui restait que la nuit pour mettre au propre out son travail. Il avait l'habitude de travailler à flux tendu et comme à l'accoutumée, il avait attendu la dernière minute ; il ne travaillait jamais si bien que dans l'urgence.
Après avoir entamé la première cueilléré de Paris Brest, il saisit la clé USB enfouie dans le fond de la poche. A cet instant précis, une perle salée lui glissa dans l'oeil droit. La saturation du liquide le brûla, l'empêchant d'aboutir le geste de connexion de la clé à l'ordinateur.
Il se leva et gagna la salle de bain pour passer un filet d'eau fraîche sur son oeil. Dans la précipitation, il garda la clé à la main. Lorsqu'il s'en rendit compte, déjà arrivé au lavabo, il ne voulut pas faire demi tour. Il posa délicatement l'objet sur l'émail blanc, faisant attention de le tenir éloigné du robinet. Il saisit un gant, permit à l'eau de couler, humecta son oeil et dans la foulée, profita pour se rafraichir le visage. Cela lui fit grand bien. Il attrapa une serviette qui frola la clé.
Une fois le visage séché, ses yeux croisèrent ses yeux, ceux du reflet dans la glace au dessus du lavabo, il comprit ! Il regardait maintenant fixement ce que lui renvoyait la surface argentée du miroir, l'eau sale de la baignoire qu'il n'avait pas vidée la veille. Il venait de trouver la solution...

 

trilby.jpg

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 18:08

C'est petit joueur ça... c'est bien les vieux ! Quel manque d'ambition.

En glissant sur la salade complète... c'était le Jackpot assuré, au moins une demie patate !

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 18:05

Elles ne chantent pas pour les restaus du coeur et pourtant, elles sont de belles enfoirées !

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 17:50

Cause rennes syndiqués suite harcellement, Père Noël cherche Mère Noëlle 30-40 pour finir de vider... sa hotte !

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 15:53
Saint François, faites que ce jour là il ne neige pas
Saint Brice, faites que ce jour là, rien ne glisse
Quand à Mlle France Météo, je propose une condamnation pour deal excessif de neige !
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