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  • : Mon objectif est d'explorer l'inconnu d'une vie nouvelle, grâce, entre autres, à l'écriture. Le ton restera le même; souvent impertinent, parfois cynique mais toujours en tentant de garder ce qui nous permet encore de vivre dans ce drôle de monde, l'humour, dans tous ses états.
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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 17:30

Hier 8 mai, aujourd’hui 9 mai, jour de célébration de la victoire d’une guerre mondiale, en France pour le premier, en Russie pour le second.
 
Mais à quand la fin de la guerre que nous menons actuellement contre cette saloperie d’ennemi invisible qui n’a même pas besoin de tranchées pour attaquer. Pire et paradoxal, nous sommes toutes et tous en même temps les allié(e)s et les ennemi(e)s (à l’insu de notre plein gré)
 
Nous sommes toutes et tous, potentiellement, des armes de destruction massive. Le postillon comme outil létal absolu. Jamais les gringalets n’ont dû se sentir si puissants, jamais les baraqués n’ont dû se sentir si vulnérables.
 
Situation éminemment schizophrénique ? Et dans tous les cas stressante, car ce trou du cul de Coco19, contrairement au facteur qui vient chercher ses étrennes en décembre, ne sonne pas à la porte pour nous sauter dessus. D’ailleurs, à ce propos, je pense qu’il faudrait, en plus de l’éradiquer biologiquement parlant, lui faire aussi procès en justice pour agression physique. On l’a bien fait pour qui osait toucher les fesses, les seins, alors, pourquoi pas en plus, la bouche, le nez, les yeux... et la tête... alouette.
 
Ce virus nous transforme, sans nous demander notre avis, en Janus. Fort et fragile, engagé(e) et craintif(ve), docile et révolté(e)... Double face, dédoublement de personnalité. Difficile. Surtout quand il faut, pour se protéger, garder la distance sanitaire d’un mètre. Particulièrement complexe.
 
La dernière fois que j’ai pris conscience de la chose, j’étais dans les lieux d’aisance, tout à ma tâche. J’ai réalisé avec effroi que je n’avais pas respecté les injonctions sanitaires. Du coup, après avoir sursauté parce que j’étais à moins d’un mètre de moi même, je me suis écarté prestement, pour m’écraser sur le mur, puisque mes toilettes font tout juste un mètre de large. Dans la panique, j’avais pris la mauvaise direction.
 
Le bleu au front et le sang au nez, je me suis relevé et je suis parti en clopinant à l’autre bout de l’appartement pour m’y réfugier. Le problème, c’est que seul l’être humain est capable de schizophrénie. Les vêtements non, sauf peut-être les chaussettes qui sont deux, mais je ne suis pas sur que la pathologie psychiatrique les touche. Bref, je n’avais plus sur moi que la moitié de mes vêtements.
 
Remis de mon émotion, j’ai pris mon courage à deux mains, alors qu’une seule aurait suffit car la quantité était minime, et comme j’avais la bouche libre contrairement à mes mains occupées par le courage, je me suis appelé, afin de définir des règles de vie commune. J’ai pris la précaution, lorsque je me suis retrouvé dans la même pièce, de proposer de m’assoir chacun d’un côté de la table. J’ai mis un masque, et moi aussi, on n’est jamais trop prudent.
 
Après une négociation, qui n’a pas toujours été simple, j’ai conclu les accords suivants :

- Pour éviter de coucher dans le même lit avec moi, j’ai décidé que la rotation aurait lieu un jour sur deux : les jours pairs, je jouirais de la chambre, les jours impairs, ce serait à moi d’en profiter.

- Pour les lieux propres au lavage, idem, mais appliqué aux horaires. Pas question de rester sale un jour sur deux tout en étant propre, ou l’inverse, selon qu’il s’agit de moi... ou de moi.

- Pour les repas, puisque je cuisine, même chose avec un petit plus : quand je suis en cuisine à popoter, je suis libre pour aller faire les courses pour le repas dont j’aurai la charge. C’est une belle chose que je me soie bien entendu, ainsi, tous les jours, je peux me faire une surprise culinaire.

- Pour les loisirs, j’ai réussi à me faire comprendre qu’il n’était pas judicieux de jouer à chat. J’ai donc opté, après une rude négociation avec moi, à imposer les jeux distants et calmes.
 
Voilà. Sur ce, je m’arrête car je viens d’entendre que je me réclame l’ordi pour bosser.
 
Alors bises et à deux moi.

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