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17 mars 2019 7 17 /03 /mars /2019 20:24

Souvent, quand un enseignant évoque un élève en difficulté cognitive, on l'entend dire avec une malveillance passée dans les mœurs : "Il a un QI d'huître ! " Quelle méchanceté gratuite, quelle brutalité ignominieuse, quelle vilénie insultante... pour l'huître.

D'abord, que sait-on du QI d'une huître ? Qui est-il ce psychologue anonyme scélérat qui a testé l'huître ? L'a-t-il fait objectivement, et avec quel protocole scientifique ? Binet-Simon ? Stern ? Wechsler ? Thurstone ? ... Comment ce psychologue a-t-il opéré pour que l'huître s'ouvre à lui ? L'a-t-il menacée d'un couteau ? Auquel cas le test devra être considéré comme caduque car passé sous la contrainte.

Et quand bien même l'huître ne répond pas, est-ce un signe de QI au ras des pâquerettes. On a vu des dysphasiques bien en mal d'exprimer leur pensée, alors pourquoi pas l'huître ? A cet égard, il serait bon, avant que d'astreindre l'huître au test de QI, de faire vérifier ses oreilles par un ORL, peut-être entend-elle mal, et la faire voir par un orthophoniste qui pourrait diagnostiquer un trouble.

J'ajoute que l'huître, contrairement à l'enfant en difficulté, est assez cultivée. Pour réaliser la chose, il suffit de se rendre auprès des claires, alors que l'élève en difficulté plongé dans l'eau s'acculture assez peu, sauf dans le domaine nautique, ce qui éventuellement peut éviter qu'il sombre. D'ailleurs ne parle-t-on pas d'ostréiculture ? Alors que la puériculture ne s'occupe de l'épanouissement du nouveau-né et de l'enfant en difficulté que jusque vers trois ou quatre ans. Alors bon !

Si l'huître est tout en bas sur l'échelle de mesure du QI, ne serait-ce pas parce que, dépourvue de bras, elle évite d'y monter pour ne pas périr en ayant chu ? Signe éminemment prégnant d'un QI hors norme. Alors que l'élève en difficulté n'aura même pas l'idée de demander si ladite échelle est de Richter avant de se précipiter sur les échelons.

On parle de QI d'huître. Autrement dit, on suppose que celle-ci est plutôt basse de plafond. C'est trop facile, trop sentencieux. Allons y voir de plus près. Certes l'huître vit dans un endroit pour le moins réduit, mais à bien y regarder, elle n'est pas basse de plafond, elle est juste haute de plancher. Ce qui change radicalement la donne.

Quand une huître fait une perle, ce sont des "Oh" et des "Ah" d'admiration, alors que quand un enfant en difficulté en fait une... il est rarement félicité. N'est ce pas là une preuve de plus de la supériorité de l'huître sur l'enfant au QI éponyme.

Avez-vous déjà expliqué les fractions ou le prédicat à une huître ? Non... Alors essayez, vous pourrez constater que l'huître, contrairement à l'élève en difficulté, reste calme, posée, réfléchie, assise sur sa chaise, n'affectant pas le regard vide de l'élève qui n'a pas saisi le tiers du quart du discours sur les fractions ou le moindre iota pour la grammaire. Une preuve supplémentaire qui milite pour un QI correct.

Et puis... QI, Quotient Intellectuel ou Quota d'Iode  ? Dans la seconde occurrence, pour l'huître, il est pour le moins élevé, alors que celui de l'élève en difficulté ne peut être hors norme que s'il a pris son comprimé juste avant l'explosion de la centrale nucléaire la plus proche, ce qui nous conduit à nous désintéresser dudit élève en difficulté, et par là de son QI, paix à ses cendres.

Ce n'est pas parce que l'huître est creuse que sa pensée l'est aussi. Ce n'est pas parce que l'huître est plate qu'elle n'est pas désirable si elle a de la conversation. Si on veut jouer la comparaison, l'élève qui a l'esprit creux a souvent des propos assez plats. Ce cumul nous montre bien la suprématie de l'huître sur l'élève en difficulté.

Bien sur l'huître est molle, à l'instar des montres de Dali. Pour autant, cela signifie-t-il qu'elle est dépourvue de sens commun ? Ajoutons par ailleurs que pour la considérer comme telle, il faut l'ouvrir. A-t-on jamais ouvert un élève en difficulté, ce que l'institution réprouve, au même titre que les attouchements insidieux. On est toutefois en droit de supputer que l'intérieur de l'élève en difficulté est mou, lui aussi. Mais cela ne légitime en aucun cas la similitude par trop hâtive entre le QI de l'une et celui de l'autre. On peut avoir le corps mou mais les idées fermes.

Alors, après toutes ces considérations sur le QI du mollusque marin bivalves de la famille des Ostreidae, je me questionne. Quand je mange une huître, est-ce Mozart que j'assassine ? Une chose est sure, si mon plaisir gustatif y perdra, mon plaisir intellectuel y gagnera car la prochaine fois que j'achèterai une douzaine d'huîtres, ce ne sera pas pour les déguster mais pour avoir une discussion philosophique. Il y a pléthore de sujets : "Le bruit de la mer empêche-t-il les poissons de dormir ? ", "L'huître de l'Arctique pratique-t-elle couramment le morse ?","Citron vs vinaigre-échalote, la grande controverse sur l'empreinte carbone", et enfin "Peut-on aborder La critique de la raison pure de Kant avec une douzaine d'huîtres".

En conclusion, méfions nous des étiquettes trop facilement mises sur les élèves. Pourquoi dire de ceux-ci qu'ils/elles ont un QI d'huître sin on n'a pas vérifié avant que l'huître elle-même n'a pas un QI de moule...

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commentaires

L
C'est pour ça que je préfère l'expression: "Il s'est prit les pieds dans son QI " pour ne point vexer les huîtres.
Répondre
L
pris