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  • : Mon objectif est d'explorer l'inconnu d'une vie nouvelle, grâce, entre autres, à l'écriture. Le ton restera le même; souvent impertinent, parfois cynique mais toujours en tentant de garder ce qui nous permet encore de vivre dans ce drôle de monde, l'humour, dans tous ses états.
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24 décembre 2018 1 24 /12 /décembre /2018 11:47

S'était-elle levée du mauvais pied ?

Avait-elle reversé son café au petit déjeuner ?

Sa tartine était-elle tombée du côté de la confiture ?

S'était-elle cognée le petit doigt de pied dans la patte de la table ?

La douche avait-elle soudainement refusé de lui donner de l'eau chaude, alors qu'elle rinçait son shampoing ?

Avait-elle été obligée de refaire dix kilomètres pour prendre le sac à main oublié dans l'entrée ?

Avait-elle été bloquée à un rond point par un barrage de gilets jaunes ?

Avait-elle rayé la carrosserie de sa voiture en forçant celui-ci ?

Avait-elle eu à faire à la maréchaussée quelques kilomètres après, pour avoir commis un excès de vitesse ?

Était-elle à la bourre ?

Certainement.

En entrant chez le fleuriste, ce matin, où les badauds finissaient leurs emplettes de Noël, elle ne savait pas encore que la loi de Murphy la poursuivait derechef.

-Je viens chercher ma commande ! dit-elle sur un ton sec

- Voilà Madame...

- Il y a du jaune, j'avais dit : pas de jaune !!!

- Ce n'est pas du jaune, Madame, c'est du vert.

- J'avais dit pas de jaune !

- C'est du vert, Madame... mais nous pouvons changer ça tout de suite.

- Je n'ai pas le temps et j'avais dit du blanc et du rose !!

- Madame, quand vous avez commandé vous avez dit blanc, rose ET vert... mais vraiment je peux de suite remplacer le vert par des orchidées blanches.

- Non, pas le temps.

Traits peu amènes, elle avait pris la composition des mains de la jeune fleuriste et avait tourné le dos, sans autre forme de procès.

Alors qu'elle se dirigeait vers la porte, la fleuriste, polie et commerçante, avait salué la dame, comme pour chacun des autres clients, en ajoutant la formule du jour : "Joyeux Noël"

Alors que la réponse venait automatiquement pour tous les autres saluts festifs, là... rien ! Silence assourdissant. La dame n'avait certainement pas entendu, furibarde qu'elle était, avec les oreilles bouchées au cérumen de la rogne.

La fleuriste réitéra son salut. Toujours rien. La pauvre commerçante, malgré un effort dans la sonie pour atteindre sa cible, avait échoué à nouveau.

Ayant été naturellement doté d'un grand cœur, très sensible à l'empathie et plus encore à la politesse, et surtout devant le mépris affiché de la dame pour le personnel du magasin qui avait fait son travail correctement en proposant de rectifier la bouquet pour plaire à la cliente, je me crus en devoir d'aider la fleuriste et envoyai un retentissant : "Joyeux Noël, Madame"

Je ne sais pas si la fâchée entendit mon propos, ce que je sais, c'est qu'après un éclat de rire général des clients et commerçants, tout le monde s'est mis à échanger fraternellement et gaiement sur l'attitude de la dame. Si le sourire aux lèvres des personnes en présence avait été un temps effacé par la sidération d'une telle façon d'être, il était vite revenu et l'ambiance était à nouveau gaie et parfumée.

Quoi qu'il advienne, j'ai toujours du mal à comprendre qu'un être humain puisse, quand un autre être humain empathique lui sourit, lui cracher, même virtuellement, à la figure.

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