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  • : Mon objectif est d'explorer l'inconnu d'une vie nouvelle, grâce, entre autres, à l'écriture. Le ton restera le même; souvent impertinent, parfois cynique mais toujours en tentant de garder ce qui nous permet encore de vivre dans ce drôle de monde, l'humour, dans tous ses états.
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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 18:49

Je revenais de faire quelques courses ce samedi soir pluvieux d'automne. Dans la voiture, comme à l'accoutumée, j'écoutais la radio, France Inter. Guillaume Gallienne, voix calme, lisait des extraits du tout nouveau prix Fémina, Le lambeau, de Philippe Lançon.

Les mots faisaient images, fortes, d'autant plus fortes, pesantes, que, moi qui n'ai pas été touché dans ma chair lors de l'attentat de Charlie Hebdo, je peine encore à me souvenir de ce jour là sans que les larmes viennent embuer mon regard.

Je me revois ce 7 janvier 2015, dans la cuisine de la résidence où je préparais le repas de midi pour Nicole. C'était un mercredi, il était un peu plus de onze heures trente. Je me souviens que France Info égrenait en continu l'actualité récurrente. Je me souviens qu'il y a eu ce moment où l'annonce d'un attentat m'a glacé le sang. Je me souviens qu'en apprenant à qui les terroristes s'en étaient pris, j'ai senti mes jambes flancher, effet de cisaillement, sidération.

Je ne connaissais pas les victimes personnellement, mais d'entre les cinq, j'en connaissais deux, tellement. Cabu, Wolinski, qui avaient bercé mon adolescence de leurs dessins amusants, impertinents, provocateurs. Cabu, Wolinski. Je leur dois encore aujourd'hui le plaisir de la dérision, le sens de l'autodérision, le goût de l'humour, parfois grinçant. Certes, ils n'ont pas été les seuls à contribuer à la construction de ma pensée, mais ils y ont eu leur place, importante.

Les savoir assassinés, liquidés, m'a été aussi terrible que la perte d'un proche. Leur meurtre, et celui de leurs autres compères, qui partageaient la même façon de voir les choses m'a atteint, retourné, bouleversé. Au delà de ce qu'ils représentaient pour moi, ils étaient aussi symboliques. Liberté de penser, liberté de s'exprimer, liberté ! La chose était si évidente que je n'en avais jamais mesuré l'importance.

Monsieur Lançon, vos mots, portés magnifiquement par Monsieur Gallienne, m'ont touché, profondément. Merci à vous. A la veille de la commémoration de la fin de la première guerre mondiale, ce que j'ai entendu ce jour me permettra de penser, le 11 novembre, aux victimes de la connerie meurtrière humaine, quelle qu'en soit la forme.

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