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  • : Mon objectif est d'explorer l'inconnu d'une vie nouvelle, grâce, entre autres, à l'écriture. Le ton restera le même; souvent impertinent, parfois cynique mais toujours en tentant de garder ce qui nous permet encore de vivre dans ce drôle de monde, l'humour, dans tous ses états.
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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 13:02

Dans neuf jours précisément, c'est le printemps.

Quel plaisir. Comme tous les ans, je déguste cet instant où la terre décide enfin de livrer ses senteurs, où la fragrance discrète des primevères et narcisses vient chatouiller les trous de nez, annonçant celle plus franche des futurs lilas, éveil discret de la nature qui conduira sans violence à l'été. Parfums légers qui n'entêtent pas, prendre le temps de se réhabituer, laisser les odeurs séduire l'olfaction endormie. Fini l'hibernation, même le ruisseau nous livre celle, moussue, de l'eau qui court, de la pierre mouillée, du bois humide.

Plaisir des yeux aussi, la couleur tranche enfin sur le gris-brun de la terre. L'herbe reverdit, le crocus offre à la vue un jaune qui n'envie rien à celui du soleil. La fragile pensée, résistant à l'hiver, reprend de la vigueur et dans sa délicatesse, dessine des visages multiples, petits yeux bridés violets surmontant des joues ocres, fins traits carmins sur un fond orangé. Quelle beauté, quelle bonheur.

S'éveiller des frimas par le plaisir des sens. Pour moi, l'odorat donne le top du départ. L'odeur, c'est la porte qui s'ouvre sur la saison du renouveau. La vue lui est toujours seconde, même en le talonnant. Et puis viennent les sons, annonciateurs d'une vie qui reprend.

C'est donc le moment où le gazouillis des oiseaux arrive à nos oreilles, parfois tôt le matin, quand le soleil est encore dans les bras de Morphée. La nuit n'est plus, le jour pas encore, moment propice pour éveiller le dormeur par son chant. Il en est de même à la tombée du jour. Rester assis dans le jardin quand vient le crépuscule, écouter. Tout bruisse, les branches agitées par la brise légère, et toujours les oiseaux qui pépient. Merci à vous, merles, mésanges et autre petits siffleurs de l'aube, et musiciens de l'entre chien et loup.

Le goût n'est pas en reste. Timidement, aux premières douceurs du temps, les herbes pointent le bout de leur nez. La ciboulette se lance, s'élance. Fin brin d'un vert déterminé, elle n'attend que d'être cueillie avec délicatesse, brin à brin, pour une fois finement ciselée, nous ravir les papilles dans une belle omelette, raviver un poisson au beurre blanc ou bien plus simplement, égayer une vinaigrette. Vient ensuite le persil, celui qui germe, ou encore celui de l'an passé, qui se ragaillardit, après les froids d'hiver. L'estragon cherche aussi à faire sa place, le cerfeuil... herbes du printemps qui ondulent dans le vent doux qui réchauffe la terre.

Quelle sublime saison, à nulle autre pareille. Je ne sais pas de quoi est fait l'au delà, mais le jour où je passerai, le printemps me manquera, c'est sur. A moins que dans les jardins d'Eden, Dieu, s'il existe, ait prévu de prolonger ce qu'il a créé sur terre.

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