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  • : Le blog de plaisir-de-mots.over-blog.fr
  • : Mon objectif est d'explorer l'inconnu d'une vie nouvelle, grâce, entre autres, à l'écriture. Le ton restera le même; souvent impertinent, parfois cynique mais toujours en tentant de garder ce qui nous permet encore de vivre dans ce drôle de monde, l'humour, dans tous ses états.
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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 18:47

Tu as sept ans, huit peut-être, les cheveux blonds, pas très bien coiffés. Ton petit nez enrhumé est mal mouché. Il pointe entre deux joues rouges qu'aucun sourire ne marque. Tes mains aux ongles un peu noirs ne remuent pas comme elle le font de coutume, tripotant ta trousse ou un stylo, une gomme ou autre objet de distraction.

Ce matin, tes yeux bleus dans le vague fixent le mur de la classe, le traversent pour se perdre dans l'immensité triste de ton for intérieur. Tu ne bouges pas, insensible à ce que dit la maîtresse qui déroule son cours de français. Ta tête est posée sur la table, de côté, le dos légèrement courbé, les fesses à moitié sur la chaise. Tu ne bouges pas, prostré dans ton silence.

Une larme perle de ton oeil, coule le long de ton nez puis tombe sur ta table d'écolier. La petite flaque de mélancolie contient tout ce que tu as de chagrin. Tu es envahi d'une souffrance indicible ; tu es souffrance. Rien ne t'apaise, les gouttes salées naissent, grossissent, rejoignent une à une la petite mare. Pas un bruit, tu ne gémis pas, tu ne te plains pas. Tu pleures, simplement ; te vides de ta peine incommensurable. Même les mots maladroits des adultes qui tentent de te venir en aide ne suffisent pas à éponger ton abattement.

Petit bonhomme, je sais que ta vie n'est pas drôle. Je sais que tu as en toi les ressources dans lesquelles tu puises souvent pour faire contre mauvaise fortune bon coeur. Je sais que ce n'est pas tous les jours facile, déchiré que tu es par une vie qui est bien chienne.

Et moi, je suis là, comme un con, sans rien pouvoir t'apporter qui puisse te rendre cette bonne bouille espiègle, ces yeux brillants d'intelligence, pas celle de l'école, mais celle de la vie. Je suis là, impuissant devant tant de désolation.

Je pense à toi, petit bonhomme... je pense à toi.

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