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  • : Mon objectif est d'explorer l'inconnu d'une vie nouvelle, grâce, entre autres, à l'écriture. Le ton restera le même; souvent impertinent, parfois cynique mais toujours en tentant de garder ce qui nous permet encore de vivre dans ce drôle de monde, l'humour, dans tous ses états.
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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 19:32

Neige cinglante. Le mercure a encore chuté. Vent glacial. Marcher d'un pas alerte. Seule façon de me réchauffer. Tête enfoncée dans les épaules. Arriver, vite. S'abriter. Buée sur les lunettes, à mesure de mes expirations. Avancer. Jour achevé, nuit encore hésitante. Hâter le pas. Regarder droit devant, rejoindre le cinéma. Salle obscure, confortable, au bout du chemin. Croiser les passants. Corps transis. Présences fugaces. Inconnus pressés. Quelques centaines de mètres encore. Doigts gourds au fond des poches. Pieds quasi gelés. Marcher, encore. Longer les vitrines. Les ignorer, pas de temps à perdre. Passer devant les portes clauses. Rideaux tirés aux fenêtres. Et soudain...

Blottie dans l'angle du porche. Cachée dans l'obscurité de la nuit enfin installée. Immobile. Fluette. Haut perchée, talon fin. Tournée vers la porte. Contre elle, presque. Et le froid toujours plus vif. Silencieuse, discrète. Effacée. Debout dans l'hiver. Seule. Jolie, élégante. Mais terriblement seule. Elle attend. Mon passage ne la trouble pas. Elle m'ignore, reste figée dans la même position.

Je passe, feignant l'indifférence. Ce n'est pas mon histoire. Et pourtant, elle a attiré mon attention. Et puis le film m'attend...

Je rentre à la maison, l'oublie, me couche sans penser à elle.

Le lendemain, sur le même chemin. Je suis dans mes pensées. Oublié cette rencontre de la veille. Toujours à vive allure, je suis ma route. Nuit glaciale, encore. Nuit noire, toujours. Rayons d'une lune pleine pour dessiner les formes. Le porche. Rappel de mémoire. Mais elle n'y est plus. Elle n'a pas attendu en vain. Tant mieux. Vagues souvenirs d'hier à la même heure. Je souris.

Quelques mètres plus loin, j'arrête mon pas. Elle est là. Au sol, couchée. Sa beauté est intacte. Le froid ne l'a pas abîmée. Elle gît sur le trottoir. Quand est-ce arrivé ? Hier ? Dans la nuit ? Depuis combien de temps ? Comment est-elle arrivée là ? La tristesse ne m'étreint pas. La pitié non plus. La circonspection oui. Comment, en plein hiver, peut-on perdre une seule bottine dans la rue ???

 

 

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commentaires

Noëlle 16/01/2017 11:28

tu pourras toujours te reconvertir dans le polar, le jour où... bravo !

Patrick 16/01/2017 18:28

Merci Noëlle, ça me touche.