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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 08:41

Depuis hier, France Inter fait dans l'autocélébration... mais moi ça me va bien ces cinquante ans auto-fêtés pendant trois jours. J'y entends des voix qui ont émaillé ma vie depuis que j'ai souvenir d'écouter la radio.

A commencer par les images de mes dimanches matin (paradoxal pour la radio) de gamin où je me régalais de l'Oreille en coin de Jean Amadou en prenant le bain hebdomadaire. Il y eut aussi plus tard ces soirées, veilles de lycée, avec Claude Villers et Pas de Panique. J'avais à l'époque récupéré la petite radio de ma grande sœur posée au pied du lit, la radio, pas ma grande sœur.

Plus tard encore, le Tribunal des flagrants délires avec le même Claude Villers, avec Luis Rego, avec un temps Isabelle Motrot et puis Pierre, Pierre Desproges. Ce fabuleux Pierre, qui aujourd'hui encore est une de mes sources d'inspiration, un creuset dans lequel j'ai appris à distiller les mots de la langue française, l'esprit déjanté, le bonheur de l'irrationnel mais aussi la distance au politique (au sens de la vie de la cité).

Je me souviens des bons moments où la radio volait la vedette à la télé les dimanches soir, à l'époque où je n'étais pas encore un adulte mais où l'enfance s'éloignait : combien de ces soirées passées avec les commentaires de Jean Louis Bory, Georges Charensol et compagnie du Masque et la plume. Ma mère et moi attendions ce moment qui accompagnaient notre repas vespéral. Délice des commentaires enflammés, vachards, admiratifs... sur les films à l'affiche.

Bien sur, j'en oublie mais je dois à cette radio une partie de ce que je sais et suis aujourd'hui. Ma connaissance d'une foule de choses étonnait souvent la mère de mes enfants. Je le devais à l'écoute assidue de Lucien Jeunesse et du Jeu des 1000 francs. Non pas que l'émission construise une culture encyclopédique avec des sujets approfondis, mais elle activait la curiosité, donnait envie de savoir, avec le sel du jeu.

Et puis il y eût, avec l'arrivée de la majorité et la maturité de l'homme jeune, la conscientisation politique. Les diverses émissions de fin de journée traitant des sujets d'actualité, les rendez-vous politiques... toute chose qui enrichit ceux qui s'intèressent à la res publica.

France Inter a su me faire rire mais aussi m'émouvoir. Je me souviens d'avoir eu les larmes aux yeux à l'évocation de telle ou telle saloperie engendrée par l'Homme, capable du meilleur mais aussi du pire. Il y eût des Interception qui m'ont remué les tripes. Il y eût aussi des chroniques, pas si lointaines que ça, merci François Morel, pour me faire croire qu'il y a encore sur cette chienne de terre, des gens qui ne considèrent pas leur prochain comme des sous hommes (Untermenscheen disaient les Nazis). Il y a encore des hommes et des femmes pour qui dignité est un mot sensé.

Citer toutes les émissions de France Inter qui m'ont accompagné durant la vie, et qui continuent de le faire, n'est pas facile tant il y en eût.

Je serai malhonnête si je disais être un inconditionnel, un fan absolu et décérébré. Non, il y eût et il y a des émissions que je n'écoutai ou n'écoute pas. De celles qui ont pu ou peuvent m'agacer, que je ne citerai pas par pure charité chrétienne (quoique... )

Il y eût aussi des épisodes, pas si lointains que ça, lors du précédent quinquennat où j'avais du mal avec la France Inter. Je reconnais avoir été suspicieux, avoir eu des coups de sang contre le directeur et le président de la chaîne. Il y avait peut-être des raisons de me conduire à ça, tant l'agité du sommet mettait, explicitement ou non, la pression sur les médias. Je le confesse, je pouvais avoir une réaction épidermique à un certain nombre d'événements, de remerciements de gens couillus qui osaient l'impertinence, sans pour autant la confondre avec la grossièreté. A l'heure du "casse-toi pauv'con" ça faisait du bien d'entendre encore des voix qui osaient dénoncer le pouvoir en place.

A l'heure où j'écris ces lignes, j'écoute cette France, dite Inter et je me régale. Ainsi, cet anniversaire me réjouit, me met en joie, me fait retrouver toutes ces premières gorgées de bière (Merci Philippe Delerm) qui ont émaillé ma vie.

Alors, je me joins à la bonne humeur du moment, je ne boude pas le plaisir de souhaiter à cette radio, à mon tour, bon anniversaire et même si je pense ne pas être en état à l'heure où sonnera le centenaire... longue vie.

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